Publié le 15 octobre 2026
AI Max : ce que la migration automatique de septembre change dans vos campagnes Search
Pendant le mois de septembre 2026, Google fait basculer automatiquement vers AI Max toutes les campagnes Search qui utilisent encore le broad match au niveau campagne, ainsi que les ressources générées automatiquement. Sans action de votre part, sans notification préalable précise, et sans que vous puissiez choisir le jour.
Ce n’est pas une nouveauté qu’on active si on le souhaite. C’est une migration par défaut, avec une fenêtre de désactivation qui se referme à la fin du mois.
La distinction compte, parce que la plupart des annonceurs découvriront le changement en octobre, dans des rapports qu’ils ne comprendront pas, avec des coûts qui ont bougé et des tableaux de bord qui se sont silencieusement désalignés.
Voici ce qui se passe exactement, ce que disent les premiers tests terrain, ce que la migration casse dans votre mesure, et la checklist que nous faisons passer aux comptes que nous accompagnons.
1. Le calendrier
| Date | Ce qui se passe |
|---|---|
| 3 août 2026 | Google bloque la création de broad match au niveau campagne et de ressources auto-générées, dans l'interface, dans Ads Editor et dans l'API |
| 1er au 30 septembre 2026 | Migration automatique des campagnes existantes vers AI Max. Le jour exact varie d'un compte à l'autre et n'est pas communiqué |
| Fin septembre 2026 | Dernier moment pour désactiver les composants individuellement dans les paramètres de campagne |
| Février 2027 | Les Dynamic Search Ads suivent. La création de nouveaux groupes d'annonces DSA disparaît définitivement |
2. AI Max n’est pas un nouveau type de campagne
C’est la première chose à comprendre, et elle est rassurante : AI Max est une couche d’optimisation qui s’active à l’intérieur de vos campagnes Search existantes. Les identifiants de campagne sont conservés, la structure ne change pas, et votre modèle de données n’a pas besoin d’être refondu.
Ce qui change, c’est la façon dont Google décide à qui montrer quoi, et avec quel texte. Trois composants entrent en jeu.
| Composant | Ce qu'il fait | État après migration |
|---|---|---|
| Search term matching | Élargit la portée par correspondance large et par technologie sans mot-clé : Google peut enchérir sur des requêtes sans rapport avec vos mots-clés existants | Activé |
| Text customization | Génère des annonces à partir de vos annonces existantes, du contenu de vos pages et de vos ressources, pour coller à l'intention de la requête | Activé par défaut — Google peut écrire sans validation préalable |
| Final URL expansion | Redirige vers la page la plus pertinente de votre site plutôt que vers l'URL configurée | Désactivé — c'est la bonne nouvelle pour les comptes e-commerce |
Le composant à surveiller en priorité est la personnalisation des textes. Activée par défaut, elle autorise Google à produire des messages que vous n’avez pas relus. Pour une marque avec des contraintes juridiques, un vocabulaire réglementé ou une charte éditoriale stricte, ce n’est pas un détail de paramétrage.
3. Ce que disent les tests terrain
Google communique sur la portée additionnelle et la réduction de l’effort manuel, sans publier de chiffres de performance dans sa documentation. Les praticiens, eux, ont commencé à mesurer. Les résultats sont nettement plus nuancés.
La performance : très dispersée
- Sur plus de 250 campagnes analysées : une hausse médiane du CPA de 16 % , malgré une progression du chiffre d’affaires de 13 %.
- La dispersion est le vrai enseignement : des ROAS allant de +42 % à −35 % selon les comptes. AI Max ne produit pas un effet, il produit des effets opposés selon les configurations.
- Un cas documenté rapporte un coût par conversion à 100,37 $ contre 43,97 $ en broad match classique.
- En toile de fond, les CPC ont progressé de 10 à 25 % en 2026, la plus forte hausse annuelle depuis 2021 , attribuée à la densification des enchères optimisées par IA.
La qualité du trafic : deux signaux d’alerte
Une analyse de Smarter Ecommerce relève qu’après activation d’AI Max, un seul concurrent représentait 69 % des impressions totales, avec plus de 8 000 impressions sur des termes concurrents contre 77 en broad match classique.
Autrement dit : la portée additionnelle peut vous emmener sur des requêtes de marque concurrente que vous n’aviez pas choisies.
Une analyse contrôlée de Lunio sur 900 campagnes constate par ailleurs que le trafic invalide passe de 3,7 % à 5 %, soit une hausse de 35 %. La proportion reste faible en valeur absolue, mais la tendance va dans le mauvais sens.
4. Ce que la migration casse dans votre mesure
C’est la partie la moins commentée, et c’est celle qui nous inquiète le plus. AI Max introduit de nouveaux objets de reporting, et surtout un risque de rupture silencieuse dans vos chaînes de données.
Les trois nouveaux objets à connaître
| Objet | Ce qu'il apporte |
|---|---|
| segments.search_term_match_source | Distingue l'origine du trafic : mot-clé fourni par l'annonceur, élargissement AI Max, ou correspondance sans mot-clé. C'est le seul moyen d'isoler ce qu'AI Max vous apporte réellement |
| ai_max_search_term_ad_combination_view | Croise requêtes, pages de destination et titres au niveau de la décision. Attention : ne jamais additionner les métriques de cette vue avec celles de la vue classique, vous compteriez le trafic deux fois |
| expanded_landing_page_view | Expose l'URL réellement servie via expanded_final_url, et non l'URL configurée dans l'annonce |
Le piège silencieux : la jointure qui casse sans prévenir
Quand l’expansion d’URL est active, la page réellement servie peut différer de l’URL configurée. Vos jointures sur les paramètres UTM, vos regroupements par chemin d’URL et vos rapprochements avec les données du CMS se désalignent, sans erreur, sans alerte, sans ligne rouge dans un tableau de bord.
Vous continuez à lire des chiffres. Ils sont simplement faux, et rien ne vous le dit. La correction est simple une fois qu’on la connaît : lire expanded_final_url plutôt que l’URL configurée. Encore faut-il savoir qu’il faut le faire.
C’est le genre de sujet qui explique pourquoi nous insistons autant, chez Néoclès, sur la documentation de l’existant avant tout changement de plateforme. Une donnée qui se dégrade en silence coûte plus cher qu’une donnée qui plante.
5. Où consulter ces données et pourquoi s’en méfier
Nommer les objets ne suffit pas : encore faut-il savoir où on les regarde. Il y a deux niveaux d’accès, et ils ne racontent pas exactement la même chose.
Dans l’interface Google Ads
C’est le niveau de la lecture quotidienne. Une fois AI Max actif sur la campagne, quatre rapports vous concernent.
| Rapport | Où le trouver | Ce que vous y voyez |
|---|---|---|
| Termes de recherche | Menu Campagnes → Termes de recherche, puis le menu déroulant « Search terms and landing pages from AI Max » | La colonne « Match type », filtrable sur AI Max, et une colonne « Source ». C'est l'équivalent visuel du segment d'origine du trafic |
| Mots-clés | Rapport Mots-clés, en bas du tableau | Deux lignes agrégées : « Total: AI Max expanded matches » et « Total: AI Max landing page matches ». Le moyen le plus rapide de voir la part de volume venue d'AI Max |
| Éléments (Assets) | Onglet « Expanded final URL assets », puis les onglets « Associations » et « Performance » | Les combinaisons asset / URL, et la colonne « Added by » qui identifie ce qui a été généré par « Google AI ». Suppression possible à l'unité |
| Pages de destination | Rapport Pages de destination | La colonne « Selected by », qui indique si la page a été choisie par AI Max. Les exclusions s'ajoutent directement depuis ce rapport |
Une limite à connaître : la suppression en masse des textes personnalisés par Google n’est pas possible dans l’interface. Elle l’est en revanche via l’API et via Google Ads Editor.Si vous devez faire le ménage sur un gros compte, ne le faites pas à la main.
Dans l’API Google Ads
C’est le seul niveau qui permet d’automatiser un suivi propre et de l’intégrer à vos tableaux de bord. Google documente la requête type suivante, à adapter :
SELECT campaign.id, campaign.name, search_term_view.search_term, segments.search_term_match_source, metrics.impressions, metrics.clicks, metrics.conversions FROM search_term_view WHERE segments.search_term_match_source IN (‘AI_MAX_KEYWORDLESS’, ‘AI_MAX_BROAD_MATCH’) AND segments.date DURING LAST_30_DAYS
Deux valeurs à retenir pour lire ce segment. AI_MAX_BROAD_MATCH correspond à l’élargissement à partir de vos mots-clés existants. AI_MAX_KEYWORDLESS correspond à une association construite sur le contenu de votre site, sans aucun mot-clé — c’est la vraie nouveauté, et souvent le poste le plus surprenant.
Pour les pages, interrogez expanded_landing_page_view en filtrant sur campaign.ai_max_setting.enable_ai_max = TRUE, et lisez le champ expanded_final_url.
Pourquoi il ne faut pas prendre ces chiffres au pied de la lettre
C’est le point le plus important de cette section, et il est très peu relayé.
AI Max traite l’ensemble de vos mots-clés comme du broad match, y compris ceux que vous avez configurés en exact et en expression. Conséquence directe : il s’attribue des impressions et des conversions qui provenaient déjà de vos correspondances existantes. Les gains affichés sont donc mécaniquement surestimés. Trois autres irritants documentés viennent s’ajouter :
- certains termes de recherche AI Max n’ont aucun mot-clé rattaché identifiable dans le compte, contrairement au broad match classique ;
- la hiérarchie de correspondance habituelle n’est pas respectée — une même requête peut être appariée à un mot-clé situé dans un groupe d’annonces moins pertinent ;
- les termes de marque et hors-marque se mélangent, sans séparation nette.
Ce que cela impose en pratique : dédupliquez manuellement les données AI Max de vos correspondances exactes et expression avant de conclure sur l’apport réel. C’est fastidieux, et c’est la seule façon d’obtenir un chiffre honnête. C’est aussi la raison pour laquelle la photographie des 30 jours précédant la bascule n’est pas une précaution de confort : sans elle, vous n’avez aucune base pour faire cette déduplication.
6. Les contrôles dont vous disposez
Contrairement à ce qu’on lit parfois, AI Max n’est pas une boîte noire totale. Quatre leviers restent entre vos mains, et ils se posent de préférence avant la bascule.
| Contrôle | Notre recommandation |
|---|---|
| Brand controls | À poser en priorité. Déclarez les marques associées en inclusion, et excluez explicitement les marques concurrentes au niveau campagne et groupe d'annonces. C'est le remède direct au problème des impressions concurrentes |
| Locations of interest | À vérifier si vous avez une logique géographique. Le ciblage par intention de lieu diffère du ciblage par localisation de l'internaute |
| Inclusions et exclusions d'URL | À utiliser systématiquement si vous activez l'expansion d'URL. Excluez les pages de compte, de panier, les articles de blog non commerciaux et les pages obsolètes |
| Search term matching | Contrôlable au niveau du groupe d'annonces, mais il doit d'abord être activé au niveau campagne. Utile pour tester sur un périmètre restreint |
À cela s’ajoute la possibilité de désactiver chaque composant individuellement dans les paramètres de campagne, avant la fin du mois de septembre. Ce n’est pas tout ou rien.
Notre point de vue : ni subir, ni tout désactiver
Les deux réflexes que nous observons sont également mauvais. Le premier consiste à ne rien faire et à découvrir les conséquences en octobre. Le second consiste à tout désactiver par principe, ce qui revient à se priver d’un levier qui fonctionne sur certains comptes, et à repousser un problème qui reviendra, puisque Google supprime les anciennes structures.
Notre recommandation tient en une phrase : encadrez la bascule au lieu de la subir, et mesurez-la sur une fenêtre définie à l’avance.
La checklist, dans l’ordre
| Étape | Action | Pourquoi maintenant |
|---|---|---|
| Étape 1 | Inventoriez les campagnes qui utilisent encore le broad match au niveau campagne | Ce sont les seules concernées. Beaucoup de comptes en ont sans le savoir |
| Étape 2 | Photographiez la performance des 30 derniers jours : CPC, CPA, ROAS, part de trafic invalide, top 50 des requêtes | Sans cette photo, vous ne saurez jamais ce que la bascule a changé. C'est l'étape la plus souvent sautée et la plus décisive |
| Étape 3 | Posez les brand controls et les exclusions concurrents avant la migration | Corriger après, c'est payer les impressions concurrentes entre-temps |
| Étape 4 | Décidez composant par composant, en particulier sur la personnalisation des textes | Une marque à vocabulaire contraint ne devrait pas laisser ce réglage par défaut |
| Étape 5 | Mettez à jour vos intégrations API et vos scripts | Les entités de broad match historiques disparaissent des versions récentes |
| Étape 6 | Basculez vos rapports sur expanded_final_url et ajoutez le segment d'origine du trafic | C'est ce qui vous permettra d'isoler l'apport réel d'AI Max |
| Étape 7 | Fixez vos seuils d'abandon avant de commencer : CPA maximum, ROAS minimum | Une décision prise à froid vaut mieux qu'un arbitrage sous pression trois semaines plus tard |
La structure que nous privilégions
Sur les comptes à volume, nous recommandons une structure double plutôt qu’une bascule intégrale : une campagne principale en correspondance exacte, qui protège vos requêtes connues et votre rentabilité, et une campagne AI Max en accompagnement, avec des exclusions strictes, chargée d’explorer.
Cette organisation a deux vertus. Elle limite le risque, puisque le cœur du chiffre d’affaires reste sur une structure maîtrisée. Et elle rend la mesure possible : vous comparez deux dispositifs sur la même période, plutôt que de comparer votre compte d’aujourd’hui à votre compte d’il y a un mois — période pendant laquelle beaucoup d’autres choses ont bougé.
La fenêtre d’observation
Quatre semaines pleines, sans intervention, après la fin de la migration. C’est long, et c’est difficile à tenir quand les chiffres bougent. Mais un système d’enchères qui réapprend produit des résultats instables pendant les premiers jours, et juger à J+5 revient à décider sur du bruit, le même travers que nous décrivons dans notre guide sur le renouvellement des créations.
Ce que nous ne savons pas
- Le jour exact de bascule de votre compte n’est pas communiqué. Il faut donc surveiller, pas planifier.
- Les chiffres de performance cités proviennent de tests réalisés par des praticiens et des éditeurs d’outils sur leurs portefeuilles, avec des secteurs et des maturités très variables. Ils indiquent une dispersion, pas un résultat à attendre.
- Google ne publie pas de données de performance comparées dans sa documentation officielle. L’écart entre le discours commercial et les mesures indépendantes est, en soi, une information.
- Le comportement d’AI Max sur le marché français, avec ses volumes propres et l’arrivée récente des AI Overviews, n’a pas encore été documenté sérieusement. C’est un angle mort collectif à ce jour.
Pour aller plus loin
Le mouvement est le même que celui décrit dans notre guide sur Andromeda côté Meta : les plateformes reprennent la main sur le ciblage et la diffusion, et déplacent la valeur du réglage vers deux endroits : la qualité des signaux que vous leur envoyez, et la qualité de votre propre mesure.
Chez Néoclès, nous faisons passer cette checklist aux comptes que nous accompagnons, et nous documentons systématiquement la situation de départ avant toute bascule. Si vous souhaitez encadrer la migration plutôt que la découvrir dans vos rapports d’octobre, c’est maintenant que ça se joue.
Sources : Google Ads Help, « How AI Max for Search campaigns works » et « Set up AI Max for Search campaigns » · LEPTIDIGITAL, « AI Max : Google fixe la date de fin du broad match » · Improvado, « Google Ads AI Max: What Changes in Your Reporting » · Connective Web Design, « Google Ads AI Max: What It Means Now (Test Data) », reprenant les analyses de Smarter Ecommerce et de Lunio.
Note de transparence : le calendrier de migration et les libellés d’API évoluent régulièrement. Nous recommandons de recouper les dates avec la documentation officielle Google à la date de publication. Les chiffres de performance ne sont pas des données Google et ne constituent pas une promesse de résultat.
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